Daniel Arsand
Prendre ce chemin et puis cet autre et encore cet autre, ne pas aller tout de suite droit au but ( sinon on manque le but ), se foutre de ne pas arriver là où on avait projeter d’aller, prendre donc des chemins de traverse, prendre son temps, que cela prenne toute une ie, qui est courte, qui est longue, c’est l’humeur, les jours, c’est selon la vie que l’on mène. Courte est la vie, sans doute, et longs sont parfois certains voyages. De l’intensité, de la contemplation, oublier parfois que la nuit est devenu le jour et vice versa, voilà ‘important, voilà ce qui doit s’appeler “le quotidien”. De toute façon je préfère ma chambre aux voyages. Pourquoi aller là où on ne era atteint, ému qu’en surface. Je vis. Je vieillis. Je commence à me dire que la vie est courte mais pas tant que cela. Prendre ce qui vient, se tenir droit, écrire ce qu’on a à écrire, la vie devient longue quand on ne parvient plus à écrire, quand la cervelle est en apilotade, quand on s’emmerde à vivre sa vie. La vie, oui, est courte. Alors demandons aux dieux de mourir d’un coup, sans s’en endre vraiment compte, afin de n’avoir pas à regretter que la vie ait été si courte.
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Daniel Arsand is a writer and publisher. His books include La Province des ténèbres (available in English as The Land Of Darkness), Ivresses du fils and Des amants. He lives in Paris.